Ce document a été réalisé grâce au concours de Mme Naïma Delime, parent, assistante sociale, personne ressource de l'ANXFra sur les questions des droits sociaux
Une des principales évolutions de la loi handicap est de reconnaître, à tout enfant ou adolescent porteur d’un handicap, le droit d’être inscrit en milieu ordinaire, dans l’école la plus proche de son domicile.
L’inscription en milieu ordinaire est posée comme principe par la loi handicap. Ceci signifie que tout enfant ou adolescent porteur d’un handicap doit pouvoir être scolarisé dans l’école ou l’établissement scolaire le plus proche du domicile, appelé « établissement de référence ».
S’il a besoin d’un dispositif qui n’existe pas dans son établissement de référence, l’élève peut être inscrit dans une école ou un établissement scolaire autre, en milieu ordinaire ou adapté. Ainsi, les établissements et services du secteur médico-social complètent le dispositif scolaire ordinaire.
Afin d’assurer la cohérence et la continuité du parcours scolaire, l’équipe pluridisciplinaire élabore, pour chaque élève, un projet personnalisé de scolarisation. (Attention, il peut y avoir des « pièges »…..)Celui-ci définit les modalités de déroulement de la scolarité et permet de coordonner l’ensemble des actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales.
Enfin, pour faciliter l’intégration des élèves et étudiants handicapés, des équipes dédiées et formées (ça, ça se discute….) sont mises en place : équipes de suivi de la scolarisation, enseignants référents, auxiliaires de vie scolaire...
Remarques :
Que se passe-t-il en cas d’arrêt momentané de la scolarité ?
Si l’élève doit interrompre momentanément sa scolarité en raison de son état de santé et recevoir un enseignement à domicile ou être accueilli dans un établissement médico-social, il reste inscrit dans son établissement scolaire de référence.
Assurer l’égalité des chances aux concours et examens
Les élèves handicapés peuvent bénéficier d’aménagements (adaptation des conditions de déroulement, majoration du temps imparti, secrétariat, étalement sur plusieurs sessions des épreuves...) sur avis d’un médecin désigné par la CDAPH (ça, c’est surtout vrai à la fac, ou au lycée, par contre, en maternelle et en primaire, on ne se gène généralement pas pour « évaluer » les enfants handicapés sans compensation)
La scolarité en milieu ordinaire
L’insertion des personnes handicapées commence dès le plus jeune âge, notamment grâce à l’école. Ainsi la loi handicap pose comme principe la scolarisation en milieu ordinaire des enfants et adolescents handicapés
L’établissement de référence
Celui-ci répond aux besoins de l’élève via des aménagements d’horaires ou le projet individualisé mais également grâce à l’aide d’assistants d’éducation, recrutés par l’État. Si l’élève a besoin d’un dispositif qui n’existe pas dans son établissement de référence, il peut être inscrit dans une école ou un établissement scolaire autre. Dans ce cas, les éventuels surcoûts dus au transport sont à la charge de la collectivité locale de résidence.
Un personnel sensibilisé à l’accueil et l’intégration d’élèves handicapés
Les enseignants et tous les personnels intervenant dans les écoles reçoivent une formation spécifique quant à l’accueil et l’éducation des élèves et étudiants handicapés. (selon le ministère, mais j’ai un doute…)
LES EFFETS DE L'INTÉGRATION SCOLAIRE PRÉCOCE
.Ionescu et E. Bouteyre, "L'intégration scolaire : cadre général et évolution des pratiques in "Psychologie et Education", n° 43, déc. 2000.Pages 42-43..
Plusieurs réponses peuvent être apportées à la question de savoir ce qu'apporte l'intégration scolaire précoce aux enfants handicapés comparativement à ce qu'apportent les établissements spécialisés. Ces réponses sont extraites du chapitre sur l'intégration précoce en garderie (Ionescu, Jourdan-lonescu, Despins, Boulet, Couture et Roy, 1995) faisant partie de l'ouvrage intitulé " La déficience intellectuelle. Pratiques de l'intégration ".
- Les milieux ségrégués offrent généralement, des modèles développementaux déficitaires et constituent des environnements sociaux, de jeux et linguistiques bien moins riches que les milieux ordinaires
- En situation d'intégration, les enfants handicapés et non handicapés d'âge pré-élémentaire ont des interactions sociales (...) qui augmentent avec la fréquentation de la classe d'intégration.
- La sévérité du handicap a peu d'effets sur l'acceptation d'un enfant handicapé par ses pairs non handicapés. (...) La réussite de l'intégration sociale d'un enfant déficient intellectuel est plus en relation avec sa capacité à communiquer, sa gaieté et sa propension à l'affection qu'avec son niveau de développement intellectuel.
- L'intégration d'enfants handicapés d'âge pré-élémentaire, dans un groupe de pairs, se fait plus facilement que, plus tard, avec des enfants plus âgés.
- L'intégration d'enfants handicapés en maternelle est favorisée par le fait que les enfants non handicapés discriminent relativement peu, dans le sens de l'exclusion ou du rejet, leurs camarades de classe handicapés. On relève toutefois, que les enfants non handicapés choisissent préférentiellement, lorsque la situation s'y prête, des camarades de jeu dont le niveau d'habileté est similaire au leur.
- Les enfants non handicapés acceptent l'enfant handicapé bien que le percevant comme différent (les handicaps sensoriels et physiques étant plus rapidement détectés que le déficit intellectuel). (...) Les évaluations négatives des pairs proviennent surtout des comportements sociaux qui sortent des normes et non pas de différences sensorielles, physiques ou intellectuelles.
- Les pairs non handicapés représentent des modèles comportementaux pour le développement des enfants déficients. (...) A l'âge pré-élémentaire, " les pairs normaux paraissent constituer des modèles non menaçants à partir desquels les handicapés (et les déficients intellectuels en particulier) peuvent apprendre beaucoup plus qu'ils ne le font habituellement avec leurs pairs déficients " (...). Les pairs non handicapés (...) ont une valeur thérapeutique car ils favorisent l'élimination des peurs du jeune enfant handicapé et réduisent son retrait social (...).
- Différentes études révèlent qu'il y a aussi des retombées positives pour les enfants non handicapés à vivre des situations d'intégration. Par l'intermédiaire des interactions précoces avec des enfants présentant des retards de développement, les jeunes enfants normaux modifient positivement leurs attitudes de peur et de méfiance face à des enfants différents (...)
LE DEVENIR DES ENFANTS HANDICAPÉS INTÉGRÉS
Les recherches sur le devenir d'enfants déficients ayant bénéficié d'une intégration scolaire sont peu nombreuses (...) S. Ionescu fait état d'une étude italienne portant sur seize adolescents en intégration scolaire évalués dans les années quatre-vingt et retrouvés douze ans après. La durée de leur intégration scolaire avait été, en moyenne, de huit ans et demi. Malgré les limites relatives à l'étude (...) on peut constater que la qualité de vie des personnes retrouvées est bonne, que leur intégration sociale est relativement réussie malgré une dépendance vis à vis des parents et que les comportements inadéquats sont peu fréquents. Compte tenu de ces résultats, on peut supposer que le fait d'avoir été intégré en classe ordinaire a permis à ces personnes de développer des habiletés interpersonnelles qui ont facilité leur intégration à l'âge adulte.